La semaine dernière, la direction du PS avait tenté de bomber le torse en exhibant une circulaire sur les sanctions qu’encouraient ceux qui enfreindraient la discipline de parti. L’opération s’était finie en eau de boudin. François Hollande en a manifestement tiré la leçon. «Les partisans du non qui font campagne méprisent les militants. Nous avons choisi pour l’instant de les ignorer», confirme Stéphane Le Foll, son directeur de cabinet. Hollande va donc laisser les responsables des fédérations gérer les problèmes, comme dans l’Hérault, où Robert Navaro a enclenché une procédure en commission des conflits contre des militants.
Offensive. Pour étouffer le «murmure» du non, le premier secrétaire du PS a organisé hier matin la première réunion du comité national du PS pour le oui. Objectif : accélérer le mouvement de mobilisation pour le oui. «En ce moment, nous n’entendons que les partisans du non, résume le député européen Harlem Désir. La campagne du oui doit commencer.» «Sans qu’il y ait péril en la demeure, nous devons être rapidement présents autour de nos thèses pour un oui de gauche, abonde l’ancien ministre Pierre Moscovici. Nos camarades partisans du non seront ainsi plus facilement remis à leur place. Une place marginale et illégitime. Nous devons aller tranquillement à l’offensive.» Lundi, François Rebsamen, secrétaire national chargé des fédérations, présentera les grands axes d’une «campagne du oui axée sur la proximité», avec l’organisation de réunions départementales. Le 19 février, il verra à Paris l’ensemble des responsables de ses fédérations chargés de la relayer.
Hier, parallèlement à cette réunion, les députés de la Nièvre et des Alpes-de-Haute-Provence, Gaëtan Gorce et Jean-Louis Bianco, accompagnés du député européen Gilles Savary, ont présenté leur manifeste «Vouloir l’Europe». «Le référendum interne a été organisé pour fixer une ligne. Faire publiquement campagne pour le non est choquant», a estimé Jean-Louis Bianco.
Espagne. Pour se relancer, la direction du PS veut profiter du référendum en Espagne du 20 février, où le oui est donné largement gagnant. Hollande a prévu de se rendre à Madrid pour le dernier meeting du chef de gouvernement espagnol. «Zapatero plutôt que Mélenchon», s’amuse un membre de la direction. Mais Hollande après Chirac, puisque le chef de l’Etat sera en Espagne vendredi aux côtés de Zapatero.