Déchirés par le débat européen, les socialistes se penchent sur leur passé

LME, 23.04.05

Au lendemain de son duel télévisé sur la Constitution européenne avec Jean-Marie Le Pen, Bertrand Delanoë l’avoue, il en a un peu la “migraine”. Jean-Luc Mélenchon s’est retenu de parler du sujet, s’estimant “mignon” de ne pas le faire. Jean Glavany a remercié Henri Emmanuelli d’avoir, par sa discrétion, “respecté un moment d’unité et de détente”. Toute la journée, vendredi 22 avril, les socialistes réunis pour commémorer le centenaire du socialisme français à la Bibliothèque nationale de France François-Mitterrand, à Paris, ont tenté une pause à leur querelle du moment, sans l’éviter complètement.

Explicite ou subliminale, la bataille sur le traité constitutionnel a dominé les autres questions, comme en témoignent les références, abondantes dans les discours, aux divisions du passé, et les multiples rappels sur les doutes relatifs à l’orientation qu’a pu connaître la famille, au fil de l’histoire.

A l’exception des orateurs socialistes, très peu d’élus et de responsables du parti, cependant, avaient répondu présents, pas plus François Hollande que Dominique Strauss-Kahn, ou Laurent Fabius, par exemple. Le premier ne viendra que pour conclure les cérémonies prévues pour durer jusqu’à samedi, le second se contentera de participer le même jour à une table ronde, le troisième donne en ce moment des conférences aux Etats-Unis. Le vrai moment d’affluence doit coïncider avec la venue, samedi, de Lionel Jospin.

Vendredi, c’est donc à l’historien du parti, Alain Bergounioux, auteur d’un très beau livre, Des poings et des roses, le siècle des socialistes, paru aux éditions de La Martinière, qu’est revenu d’ouvrir les célébrations. “Les évolutions qui ont conduit le socialisme français à emprunter les chemins frayés de la social-démocratie sont sources de troubles”, a-t-il souligné, avant de conclure : “Tout a presque changé depuis 1905. Mais les deux fragilités, révélées par les conditions de l’unité, ­ une synthèse idéologique, d’une part, entre le socialisme et la République, c’est-à-dire la forme française du libéralisme, toujours un peu problématique, une base sociale trop étroite, d’autre part ­ (…) sont encore d’actualité (…) Faire “oublier” 1905 serait, peut être après tout, un programme qui vaille la peine d’être présent à nos esprits pour s’installer dans le nouveau siècle.”

“SOMMEIL RÉPARATEUR”

Après lui, Michel Rocard a poursuivi sur le registre des “handicaps structurels” du PS, “grand infirme”, de l’Internationale socialiste. Pour lui, l’efficacité des partis sociaux-démocrates en Europe est à mettre “en relation avec le moment et surtout la visibilité avec laquelle ils ont renvoyé le marxisme mal transformé de Trotski à la corbeille à papier”. “Nous nous sommes laissés marchandiser”, a regretté l’ancien premier ministre. Le socialisme, a-t-il affirmé, est d’abord “un projet sur l’art de vivre”. A ses côtés, Jack Lang a approuvé, mettant en garde contre “l’idée que tout se réduirait à l’économie”. L’ancien ministre n’a pu se retenir, soutenu par les applaudissements d’une partie de l’auditoire, de faire une allusion au “respect des règles de la maison commune”.

Puis ce fut le tour du premier couple oui-non à partager la tribune, Martine Aubry et Jean-Luc Mélenchon. L’un comme l’autre ont joué la sérénité. “Pour moi, a déclaré la maire de Lille, être socialiste, c’est avant tout agir pour changer les choses.” Pour Jean-Luc Mélenchon, “le fil rouge, c’est le cri de la conscience indignée” par “la misère humaine”. A chacun son style, mais le genre n’est guère différent. “Si l’on consent à l’ordre établi, on ne peut pas représenter ceux qui n’y consentent pas”, a toutefois prévenu M. Mélenchon.

Le deuxième couple opposait Jacques Delors et Henri Emmanuelli. Les deux hommes ont su trouver les mots pour dire les choses sans se heurter. M. Emmanuelli s’est livré à un exposé sur le rapport des socialistes à l’économie, concluant avec humour : “Après, savoir qui libéralise, qui dérégule, c’est un autre débat que je réserve pour après… nous avons tous besoin d’un sommeil réparateur.” S’élevant contre “le thème de la rupture qui continue d’alimenter le fantasme du non-choix”, le député des Landes, secrétaire d’Etat au budget en 1983, a cependant lancé une pique, à sa façon. “Enfin, qui est révolutionnaire aujourd’hui au sein du Parti socialiste français ?, a-t-il fait mine de s’interroger. Des cachés, des clandestins, il nous est peut-être arrivé d’en avoir, mais des avoués, je n’en connais pas.”

La salle, reconnaissant l’allusion au passé trotskiste de Lionel Jospin, n’a pu s’empêcher de rire. Jacques Delors, lui, a parfaitement résumé sa préoccupation du moment : “Faut-il dire ce que l’on fait et faire ce que l’on dit, ou est-ce qu’en l’annonçant il en résulterait un discours tellement triste que nous ne gagnerions jamais les élections ? Pour ma part, vous connaissez ma pente naturelle, mais je ne suis pas sur d’avoir raison.”

Portrait de Laurent Fabius, l’homme du “non”

Le parcours de ce fils d’antiquaire devenu premier ministre, jusqu’à son engagement en faveur du “non” à la Constitution européenne. En seize photos légendées.

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Constitution européenne : le PS divisé

La constitution européenne a divisé le PS : les forces en présence, les enjeux, les arguments. Un référendum interne a été organisé le 2 décembre qui a vu le “oui” l’emporter .

Zoom Lionel Jospin rappelle les socialistes à “la discipline” de parti

Thématique Constitution européenne : les socialistes divisés

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Eclairage Référendum : les instituts de sondage peinent à appréhender les comportements des électeurs 22.04.05

Le talisman de l’unité, par Laurent Fabius

LME, 23.04.05

Le Parti socialiste célèbre son centenaire : 1905-2005. Cette longévité dit la force de notre idéal et l’actualité de notre engagement : la mobilisation pour le progrès social et le combat pour l’égalité en actes. Mais si l’on se souvient encore de 1905, c’est parce que, longtemps divisés, les socialistes ont alors choisi de s’unir dans une maison commune. Pas de fondation solide sans unification durable : c’est la leçon de 1905. Elle vaut toujours aujourd’hui.

Quand les socialistes se retrouvent en congrès à Paris, salle du Globe, le 23 avril 1905, l’unité est loin d’être acquise.

Depuis les années 1890, plusieurs familles socialistes coexistent. Sans même évoquer les querelles de personnes, des divergences doctrinales et stratégiques traversent le socialisme.

Les plus radicaux refusent tout compromis. Les “blanquistes” -du nom du théoricien Louis Auguste Blanqui- du Parti socialiste révolutionnaire, les “allemanistes” du Parti ouvrier socialiste révolutionnaire -fondé par le communard Jean Allemane- et les “guesdistes” -partisans de Jules Guesde- du Parti ouvrier français s’inscrivent en rupture avec l’Etat bourgeois et se réclament, pour certains, du marxisme. En revanche, les modérés sont prêts à certaines concessions pour assurer des réformes graduelles.

On les nomme “possibilistes”, puisqu’ils souhaitent rendre le socialisme “immédiatement possible”. Des “socialistes indépendants” sont leurs compagnons de route. Parmi eux se trouvent des personnalités qui accèdent au Parlement, comme Jean Jaurès, élu député du Tarn à 26 ans, ou d’autres qui participent à des gouvernements, comme Alexandre Millerand.

Le 25 avril 1905, l’unité est réalisée. Pour la première fois, les familles socialistes d’horizons différents ­ on dirait aujourd’hui les sensibilités ­ se fondent en une seule formation : la Section française de l’internationale ouvrière (SFIO) est née. Dans l’instant, les guesdistes, mieux organisés, en sortent grands vainqueurs. Mais, face à l’histoire, l’union des socialistes est avant tout le fruit du travail de Jaurès. Comme il le dit dès 1900, “quels que soient les dissentiments, quelles que soient les difficultés, quelles que soient les polémiques d’un jour, entre socialistes, on se retrouve”.

N’oublions jamais son message.

Encore fallait-il bâtir la méthode qui permette de rassembler durablement. Pour Jaurès, l’unité est vide de sens si elle n’est qu’un assemblage de façade ou une démarche tactique. Pour vivre vraiment, l’unité doit se bâtir sur un projet commun. Elle doit aussi tirer sa force de la diversité préservée. “Il ne s’agit point d’une unité despotique et morte : les diverses organisations socialistes peuvent et doivent subsister.” Unité ne veut pas dire uniformité, encore moins reniement de ses propres opinions. Chacun doit rester libre de ses convictions, car toutes servent l’idéal socialiste. C’est la fameuse “synthèse jaurésienne”.

Dans le discours de Toulouse, qu’il prononce en 1908, Jaurès s’en explique. “Nous n’acceptons pas qu’on oppose l’action d’aujourd’hui à l’action d’après-demain. Nous n’acceptons pas qu’on oppose l’esprit révolutionnaire et l’action réformatrice du parti. Nous disons que, dans un parti vraiment et profondément socialiste, l’esprit révolutionnaire réel est en proportion de l’action réformatrice efficace, et que l’action réformatrice efficace est en proportion de la vigueur même de la pensée et de l’esprit révolutionnaires.”

En conciliant réformisme et ce qu’il appelait alors révolution, Jaurès ancre le socialisme dans la République. Ce n’est pas un hasard si 1905 connaît, après le printemps socialiste, un décembre de laïcité à travers le vote par la Chambre des députés de la loi de séparation des Eglises et de l’Etat. Jaurès a pris une part décisive à ces deux acquis. Il est l’homme qui permet aux forces de progrès de conjuguer l’idéal et le réel.

En ce début de XXIe siècle, cette synthèse, qui est d’abord une exigence, reste vivante. Un parti uniquement gestionnaire risque de se perdre dans une certaine routine, qui lui ferait abandonner de vue “les étoiles dans le ciel”, pour reprendre la magnifique formule de Jaurès. Mais un parti exclusivement ­ et d’une certaine façon seulement ­ “révolutionnaire” se perd toujours dans le maximalisme avant de sombrer dans l’impuissance. Réformiste dans l’action, révolutionnaire dans l’ambition: c’est la clé du rassemblement de la gauche et, au-delà, de tous les Français.

De cette première synthèse naissent toutes les autres, qui restent, elles aussi, d’actualité. A commencer par la synthèse entre socialisme et pacte républicain. Jaurès affirme que “le socialisme seul donnera à la Déclaration des droits de l’homme tout son sens et réalisera le droit humain” en prolongeant la “République politique” par la “République sociale”.

Synthèse, aussi, entre socialisme et respect de la liberté individuelle : “le socialisme est l’affirmation suprême du droit individuel. Rien n’est au-dessus de l’individu.” L’épanouissement de l’individu et l’action en faveur de toutes les libertés réelles sont au coeur de l’engagement socialiste. Synthèse, enfin, entre patriotisme et internationalisme. Chacun connaît la fameuse et prophétique formule : “Un peu d’internationalisme éloigne de la patrie, beaucoup d’internationalisme y ramène.” Pas d’internationalisme et d’ambition européenne authentiques sans une défense des idéaux et valeurs dont notre pays est porteur.

L’histoire du socialisme depuis un siècle a montré la justesse de la pensée jaurésienne. Les socialistes ne sont forts que quand ils sont rassemblés. Et ils ne se rassemblent vraiment que lorsqu’ils sont porteurs d’un idéal commun et d’un projet partagé. “La paix, le pain, la liberté” avec Léon Blum et le Front populaire en 1936. “Changer la vie”, avec François Mitterrand en 1981. Entre-temps, l’unité des socialistes a dû être prolongée par l’union de la gauche tout entière : communistes, radicaux et, aujourd’hui, écologistes.

1905, 1936, 1981. Jaurès, Blum, Mitterrand. A chaque fois, l’union par l’audace et la clarté des choix. Volontarisme politique et progrès social permettent de transcender les différentes familles du socialisme et de la gauche française. L’ambition commune prend alors le pas sur tout le reste et elle s’incarne. “L’essentiel, disait encore Jaurès, c’est que chacun soit résolu à tirer parti de toutes les forces, politiques et économiques, qui peuvent préparer l’ordre nouveau.”

Ainsi, les forces de gauche, “combattants du même combat, frères de la même espérance” se portent à la hauteur de leur idéal commun. Cet idéal c’est le nôtre, celui d’un socialisme pour aujourd’hui et pour demain.

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Laurent Fabius est député socialiste.

Au “N’ayez pas peur” de M. Chirac, M. Hollande préfère “Ayez confiance”

LME

22.04.05

Les occasions sont rares, celle-ci en était une. Jeudi 21 avril trois ans après l’élimination de Lionel Jospin au premier tour de l’élection présidentielle, l’ex-gauche plurielle avait choisi de faire affiche commune.

Dans la salle des fêtes de la mairie de Bondy, le premier secrétaire du PS, François Hollande, a retrouvé, pour défendre le oui à la Constitution européenne, l’ex-ministre des Verts, Dominique Voynet, aujourd’hui sénatrice de Seine-Saint-Denis, l’ancien élu communiste refondateur Philippe Herzog et le radical de gauche Bernard Castagnède. “Nous voulions répondre par notre rassemblement à ce qui fut, hélas, le symbole de la division”, a annoncé M. Hollande en rappelant le traumatisme du premier tour de la présidentielle.

L’électorat du PS approuve Emmanuelli

Les sympathisants socialistes approuvent la campagne pour le non d’Henri Emmanuelli. Dans un sondage BVA pour Le Figaro-LCI, rendu public vendredi 22 avril, 57 % d’entre eux jugent que le député des Landes “a raison de faire campagne” à rebours de son parti, “car il défend ses convictions”, ­ le chiffre atteint 62 % chez les électeurs de gauche. Selon cette enquête, réalisée les 15 et 16 avril auprès d’un échantillon de 952 personnes (méthode des quotas), les Français ne croient pas aux scénarios de crise si le non l’emportait.

Pour 72 % des sondés, Jacques Chirac ne serait pas obligé de démissionner. Et 69 % (74 % des sympathisants du PS) estiment que François Hollande devrait rester à la tête du parti, 53 % pensant que le PS ne se divisera pas (59 % chez les sympathisants du PS). Reste que 25 % des sympathisants socialistes (et 21 % du total des sondés) croient que le PS appelle à voter non.

Mais juste avant que ne commence la réunion, la nouvelle est tombée. Selon un sondage BVA pour l’Express, réalisé les 18 et 19 avril auprès de 982 personnes, le non l’emporterait le 29 mai avec 58 % des voix, son plus haut niveau jamais atteint. Il s’agit en effet de la 21e enquête d’opinion consécutive qui place le non en tête des intentions de vote, notamment à gauche. Du coup, les représentants de l’ex-gauche plurielle sont apparus en position minoritaire dans leur propre famille politique.

Et comme si cela ne suffisait pas, un autre sondage conforte la stratégie d’Henri Emmanuelli, en campagne pour le non à rebours de son parti. “Ça ne m’intéresse pas de commenter les sondages, ce qui m’intéresse c’est le résultat -du vote-“, a réagi avec humeur François Hollande. “De les avoir trop crus il y a trois ans nous a persuadé que Lionel Jospin serait présent mécaniquement au second tour”, a poursuivi, au micro, le premier secrétaire du PS, en présence de l’ancienne ministre Elisabeth Guigou, et de Bruno Le Roux, tous deux députés PS du département, et du député socialiste européen Harlem Désir. “On en a vu de toutes les couleurs”, venait de déclarer Mme Voynet, “mais notre oui n’est pas honteux, réservé ou timide, il est européen et sans complexes”.

“PRIS EN OTAGE”

Devant 400 personnes tout acquises à sa cause, M. Hollande a pris soin, tout M. Herzog, de prendre le contre-pied de Jacques Chirac. Au “n’ayez pas peur” employé par le président de la République lors de son intervention télévisée, les deux hommes ont préféré rassurer leur auditoire en répétant “ayez confiance”. “Il faut avoir confiance en l’Europe, en nous-mêmes”, a souligné M. Hollande. Ajoutant ce dernier argument “Si le oui l’emporte, il y aura un autre traité dans cinq ou dix ans.”

Jusque devant les portes de la mairie, les partisans du non sont pourtant venus apporter la contradiction. A côté de ceux qui distribuaient un tract du PS en faveur du oui au traité constitutionnel “avec les socialistes de toute l’Europe”, d’autres tendaient des documents d’Attac “Non pour sauver l’Europe.” A côté, des militants se réclamant du “Comité bondynois pour un non de gauche” remettaient un argumentaire de quatre pages intitulé “Quand un non de gauche écrit à un oui de gauche” et commençant par ces mots : “Je suis un non de gauche. Non n’arrête pas de me lire ! Je sais, on est assez fâchés en ce moment mais permets-moi toutefois de t’écrire, car j’espère bien qu’il nous reste quelque chose en commun.”

Sur place, l’échange a eu lieu mais chacun a fait des efforts et gardé son calme. “Le traité va constitutionnaliser l’Europe libérale”, a lancé un homme, qui s’est présenté comme un syndicaliste à Martha, une militante PS d’Aulnay-sous-Bois. “Tu te trompes, ils n’ont pas besoin de ça”, lui a-t-elle répondu. “Sans arrêt, on nous dit qu’il faut attendre !”, a riposté son interlocuteur. “J’arriverai pas à te convaincre”, a fini par laisser tomber Martha, contrariée. “Ce référendum, y compris celui qui a eu lieu en interne, est une erreur, regrette-t-elle. Ils nous ont pris en otages. C’était le jeu de Chirac de nous mouiller dans une telle situation.”

A l’intérieur, M. Hollande a mis en garde les électeurs de gauche qui voudraient, comme un certain 21 avril 2002, “envoyer un message” et à ceux qui “auraient envie de revenir sur leur vote du 5 mai 2002”. “Mais Jacques Chirac sera là jusqu’au bout, jusqu’au dernier jour !”, s’est-il exclamé. Pour apaiser les craintes, l’ex-gauche plurielle avait convié à sa table Evelyne Gebhardt, députée européenne d’Allemagne, et rapporteure de la directive Bolkestein sur les services. A la satisfaction de la salle, celle-ci a qualifié d'”inacceptables” les principales dispositions contenues dans ce texte.

Intentions de vote pour le référendum sur le traité européen.

23.03.05